La Russie a exercé lundi son droit de veto pour bloquer undu Conseil de sécurité des Nations Unies qui exhorte les factions belligérantes du Soudan à cesser les hostilités et à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. La proposition, rédigée par la Grande -Bretagne et la Sierra Leone, a reçu le soutien des 14 autres membres du Conseil, dont la Chine. La résolution appelle à une cessation immédiate des violences et encourage les parties rivales à s’engager dans un dialogue visant à désamorcer le conflit et à établir un cessez-le-feu national.

Le texte souligne l’urgence de résoudre la crise pour faire face à la dégradation des conditions humanitaires au Soudan , où le conflit en cours a déplacé des millions de personnes et aggravé les souffrances généralisées. L’ambassadeur adjoint de la Russie auprès des Nations Unies , Dmitry Polyanskiy, a défendu le veto, soulignant la position de la Russie selon laquelle l’intervention internationale devrait donner la priorité à un accord négocié entre les parties impliquées. « Nous sommes d’accord avec tous les collègues du Conseil de sécurité sur le fait que le conflit au Soudan nécessite une résolution rapide », a déclaré Polyanskiy lors de la réunion du Conseil. « Il est également clair que la seule façon d’y parvenir est que les parties belligérantes acceptent un cessez-le-feu. »
Ce veto met en évidence les divisions persistantes entre les membres du Conseil de sécurité sur la manière de résoudre le conflit au Soudan. Les critiques affirment que la position de la Russie risque de retarder la capacité de la communauté internationale à répondre aux besoins humanitaires urgents, notamment la livraison de nourriture, de fournitures médicales et d’aide essentielle aux régions touchées. Le Soudan est empêtré dans une lutte de pouvoir meurtrière depuis avril, avec des affrontements violents entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide paramilitaires (RSF) .
Les violences ont provoqué des déplacements massifs de population, la destruction d’infrastructures et un nombre croissant de victimes, ce qui a encore mis à rude épreuve le tissu sociopolitique déjà fragile du pays. Les pays parrains de la résolution, la Grande-Bretagne et la Sierra Leone, ont exprimé leur déception face à l’échec de l’adoption de cette mesure. Les représentants ont souligné que la résolution visait à jeter les bases de la paix en appelant à des mesures immédiates pour réduire les hostilités et ouvrir des voies d’acheminement de l’aide humanitaire.
Ce veto souligne les défis auxquels sont confrontés les efforts internationaux de médiation pour mettre un terme à la crise au Soudan. Les analystes avertissent que sans une position unifiée du Conseil de sécurité, les perspectives d’une résolution globale du conflit restent incertaines. Alors que la situation au Soudan continue de se détériorer, les organisations humanitaires ont réitéré leur appel à un accès sans entrave pour acheminer l’aide aux personnes dans le besoin, tout en exhortant toutes les parties à donner la priorité à la sécurité et au bien-être des civils.
